Prologue, le chaos créateur, un changement de paradigme. Cyberrance, mars 2020, Romainville.

Nous avons souhaité, à travers cette première édition, créer un grand moment d’émulsion, de rencontre, le chaos créateur du monde dans lequel le récit prend place. Le hasard des premières lignes de l'histoire.

La question d'un changement de paradigme imminent lié aux enjeux écologiques et sociaux était notre point de rencontre. Nous avons voulu jouer avec l'entropie à travers des éléments se dégradant tout au long de l'exposition. Cette semaine pensée comme un festival réunissait une installation collaborative qui formait l’environnement d’accueil de performances, de lectures poétiques et de concerts. Étaient programmés en ce lieu des ateliers, des tirages d'un Tarot créé par l'artiste Jimmy Beauquesne et le collectif Tarot Tarot, une programmation culinaire curative par Abigaël H et un marché de fanzine, de revues et d'éditions.

Nous avions invité également le Dr. Pratyuze Pranav, astrophysicien, à écrire un texte au sujet de la cosmologie. Notre prologue à été interrompu par le premier confinement, le monde change. L'Histoire d'un ciel en creux peut commencer.

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Science fiction


Création et observation sont les aspects fondamentaux de cet univers. Ces phénomènes ont été au cœur de nos préoccupations, peut-être même, depuis que les premiers humains regardèrent vers le ciel en s’interrogeant sur l’Univers et la place qui y était la leur. La théorie du Big Bang, qui donna naissance à l’idée que l’Univers avait un début — un instant de création — n’a pas toujours été le paradigme dominant. Jusqu’à il y a encore un demi-siècle,
des scientifiques croyaient en la théorie de l’état stationnaire : un univers infini dans le temps et l’espace.
L’acte de création est intrinsèquement lié au concept d’entropie, c’est-à-dire à la mesure du désordre ou du chaos dans un système. D’après ce que nous comprenons de cet univers, deux forces opposées s’affrontent : création et destruction, organisation et désorganisation. La création implique généralement une diminution de l’entropie d’un système et en conséquence une augmentation de son organisation. C’est ce que font les entités biologiques, grâce à leur capacité d’ingérer des nutriments et de les convertir en matériaux essentiels à leur croissance et à leur survie. À l’échelle de l’Univers, la naissance d’une étoile est un acte d’organisation. À l’inverse certains phénomènes

augmentent le taux de désordre et de chaos dans un système, c’est ce qui se passe lors de la mort et de la décomposition d’un être vivant ou encore dans les derniers instants d’une étoile, lors de l’explosion d’une supernova.

L’acte d’observation est tout aussi fondamental, du moins dès que nous renonçons au postulat selon lequel l’observation nécessite conscience et capacités cognitives. Dans sa définition scientifique, « l’observateur » n’a pas à être conscient. Il peut être une machine, une unité de mesure, ou même un événement. Les principes de mécanique quantique qui gouvernent le comportement des particules sur une échelle extrêmement réduite établissent que l’acte d’observation a des conséquences majeures sur la nature même de la réalité.
Les lois de la thermodynamique nous dictent que l’entropie de l’Univers, dans son ensemble, ne peut qu’augmenter.
Les choses tendent naturellement à se désorganiser. Nous ne pouvons pas « dé-cuire » un œuf ou « dé-briser » un verre cassé en mille morceaux, en somme-nous certain.ne.s ? Le chaos et le désordre pourraient-ils être l’essence

même de nos existences ? Le corps gazeux d’une nébuleuse qui est le vestige d’une supernova est en réalité la matrice d’où naîtra peut-être une nouvelle étoile. La mort des premières étoiles est l’événement qui a permis à l’être humain — l’unique observateur conscient dont nous ayons connaissance d’exister.

L’étoile mourante est la matrice dans laquelle l’hydrogène et l’hélium sont transformés en éléments plus lourds comme le carbone et l’oxygène.
Sans l’explosion de la supernova, les formes de vie carbonée, qui sont les seules dont nous ayons connaissance ne pourraient tout simplement pas exister.

Le désordre est-il la situation initiale de cet univers à partir duquel émerge l’organisation ? Si nous croyons le domaine physique des particules élémentaires et des atomes, à l’échelle de l’infiniment petit, il semblerait bien que oui.

Aussi étrange que cela puisse paraître, à cette échelle, les théories de la mécanique quantique nous disent qu’il n’y a en réalité aucun objet solide à proprement parler, mais seulement du hasard et des probabilités.
Dans cette considération, les concepts d’être, et d’être à un endroit donné, que nous associons aux objets solides volent en éclat. Un électron n’est pas un objet solide, c’est une chose minuscule aux contours indéfinis lancée dans l’espace.

Les électrons se comportent plutôt à la manière de vagues superposées. Ils se trouvent à différents endroits simultanément nous ne pouvons alors que parler de la probabilité de trouver tel électron à tel endroit dans l’espace. Il semblerait qu’il n’existe pas réellement à un endroit en tant que particule tant qu’il n’y a pas quelque chose pour l’observer. Pouvons-nous alors dire que nous créons l’électron parce que nous existons pour l’observer ? Si nous en sommes les créateurs pouvons-nous oublier que nous sommes nous-mêmes composés d’électrons ?

Alors, qui ou qu’est-ce qui observe qui ou quoi ? Cette exposition rend hommage aux interconnexions fondamentales entre création, observation et existence.

Par Pratyuze Pranav, traduction depuis l'anglais Guillaume De Las Heras et Lucas Zambon.

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Au programme :

– Une fausse fourrure sous la pluie : samedi 14 mars — Prologue, lectures poétiques, concerts — 18h-24h
— Comme les hiboux : dimanche 15 mars — lectures poétiques et musicales, tirage du tarot - 14h-20h
— Saute soleils - mercredi 18 mars — Contes et tirage du tarot — 14h-20h
— La cire est encore liquide - jeudi 19 mars — Performances, lectures poétiques et musicales — 18h-22h
— Le chien aboie à l’aurore — samedi 21 mars — lectures poétiques et concerts — 18h-24h
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– Exposition :
Paola Quilici, Camille Bree (avec la participation de Pauline Lavogez, Coline Creuzot, Kevin Desbouis, Jimmy Beauquesne et Kevin Gotkovsky), Fanny Lallart, Clément Bouteille, Suzie Lapierre d’Argy, Alexandre Delauw Rivière, Antoine Dochniak, Constantin Kyriakopoulos, Pratyush Pranav, Alexia Foubert, Romain Best, Lucas Zambon.
– Invité mystère : Antoine Bachmann.
– Programmation culinaire : Abigaël H — pour ressentir, guérir, jouir au fil des chapitres, accueillir l’arrivée du printemps dans la bouche.
– Graphisme : Elorah Connil. Typographie: Fenouil, par Ana Cecilia Breña.
– Une proposition de : Romain Best et Lucas Zambon.

La revue Show et Table de presse seront aussi au rendez vous !
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Le programme si tout n’avait pas changé :

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Une fausse fourrure sous la pluie : samedi 14 mars en soirée — Prologue, lectures poétiques, concerts — 18h-24h

– Repas-rafraichissement à prix raisonnable – un grain de riz sous une cape de rose
– Thily Vossier « Valeur ajoutée » – pièce sur demande.

19h :
– Pratyush Pranav - « Entropy, experience and existence » - prologue.
– Kenny ozier-Lafontaine – « banane mystique ». De la pâtée malade pour les chiens jaune et diamants en très bonne santé.
– Paola Quilici – « ttttttttttrrrrrrrruuuuuueeeeee rrrrrrrrroooooommmmmmaaaaannnnnccccceee »
– Deleaurivière – loin ailleurs proche.
– Les Caldères - un va et vient improvisé et plutôt contemplatif.
– Temps calme — united (Paola Quilici, Deleaurivière, Alexandre Simon) doux et léger, ambient tendu ou kraut tendre, c’est selon.
– Quelque - Anti matière des projets de Romain Vasset. Parfois c’est une contemplation vaporeuse d’air entre parois bétonnées.
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Comme les hiboux : dimanche 15 mars — lectures poétiques et musicales, tirage du tarot - 14h-20h

– Gouter-rafraichissement à prix raisonnable – Temps suspendu entre verveine citronnée et basilic thaï.

Dès 14h :
– Tirage du Tarot par le collectif Tarot-Tarot, jeu de cartes et dispositif par Jimmy Beauquesne.
– Margot Da Fonseca & Patricia Lino Dias - « Découvre ta cheffe - iconotiff » Atelier workshop ouvert de fabrication de couvre chef.fe cosmique.
À partir de 17h30 :
– Constance Burger-Leenhardt – « Journey to the woods ».
– Maïa Hamilcaro-Berlin – « À l’aube ».
– Paola Quilici — « mon attention SHIFT MON ATTENTION mon attention bend mon attention » — à propos de ce qui n’est pas une cuillère et comment les tordre.
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Saute soleils — mercredi 18 mars — Contes et tirage du tarot — 14h-20h

– Gouter-rafraichissement à prix raisonnable – Tour de passe-passe entre gingembre, betteraves et sumac.

– Lucas Zambon & Ben Megevand - « les trois métamorphoses de zarazouzou » contes pour enfants accompagnement instrumental.
– Tirage du Tarot : par le collectif Tarot-Tarot, jeu de carte et dispositif par Jimmy Beauquesne.
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La cire est encore liquide — jeudi 19 mars — Performances, lectures poétiques et musicales — 18h-22h

– Repas-rafraichissement à prix raisonnable-traversée du miel doré entre les couches de l’oignon.

– Fanny Lallart – « L’espace entre ces deux mains » prise de notes sur mon rapport intime à l’argent, l’échec de la lutte, ma désillusion vis-à-vis du monde de l’art et la puissance politique de l’amour.
– Elorah Connil – « Solstice ».
– Paul Bourdoncle — « Lindo menino » extraits de » Trouble du langage » accompagnement musical Ben Megevand.
– Lucas Zambon & Ben Megevand par amour de Zucons Lamba & Pijule — « pas de travail - pas de travail » extrait de « sa tombe sous le sens » — Abnégation cosmologique vocale et musicale.
– Gaspar Willmann - « Compost it » lecture performée sur son protocole de gestes et zestes assis chantés et Claudi Moni - musique du film.
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Le chien aboie à l’aurore — samedi 21 mars — lectures poétiques et concerts — 18h-24h

– Repas-rafraichissement à prix raisonnable – À l’aube du radis noir.
– Angèle Dumont – « Entre chien et loup ».
– Élise Legal – « En accord avec les chiens ».
– Claudi Moni et Chiens — Variété crado, baroque canine et sentimentale.
– Nina André – « Des astres et vous ».
– Johnny Winston et Cand ICE « 2006 odyssée de l’espace » — Deux agentes expertes archivistes astrologues se sont donné pour mission de récupérer des capsules temporelles de ce que l’on appelait la Terre.... Adolescence, souvenirs, musique et astéroïdes au programme.
– William Binta – experimental labtop music.
– Octave Magescas - Moments d’improvisations éthérées nourris de field recording et de nappes bleues, un folklore inexistant.
– Vincent Heter – Vincent Heter travaille la bande magnétique.
Il y défait les sons du dehors et du dedans pour glaner les folklores d’un milieu hypothétique où le sonore devient objet maniable, reconnus/désirés de l’intérieur. Froissé, haché et réinjecté sur un dispositif de bande tournante le magnétophone se fait essieu et le haut-parleur, foyer.